L'Or et le conflit en Iran : pourquoi la valeur refuge a-t-elle baissé ?
Il est rare de voir l'or reculer alors que les tensions géopolitiques s'envolent. Pourtant, après avoir frôlé les 5 500 $ l'once au début du conflit, le métal jaune a entamé une correction de près de 25 %. Ce paradoxe s'explique par quatre forces économiques majeures.
1. La concurrence du « Roi Dollar »
En période de crise mondiale, l'or n'est pas la seule valeur refuge : le dollar américain joue également ce rôle. Le conflit a provoqué une fuite massive vers le billet vert. Comme l'or est libellé en dollars, la vigueur de la monnaie américaine le rend mécaniquement plus coûteux pour les investisseurs opérant en euros, yens ou yuans — ce qui freine la demande et pèse sur les cours.
2. Le choc pétrolier et les taux d'intérêt
L'Iran étant un acteur clé de l'énergie mondiale, le conflit a fait bondir le prix du baril. Cette envolée a ravivé les craintes d'inflation, poussant les banques centrales à maintenir — voire à relever — leurs taux directeurs. Or l'or ne verse ni dividende (comme les actions), ni coupon (comme les obligations) :
- Face à des obligations d'État offrant des rendements supérieurs à 4,4 % aux États-Unis, il perd de son attrait.
- Plus les taux montent, plus le coût d'opportunité de détenir de l'or augmente.
3. Les besoins de liquidité — le « Dash for Cash »
Lorsqu'un conflit éclate, les bourses mondiales chancellent. Pour couvrir leurs pertes sur actions ou répondre à des appels de marge, de nombreux investisseurs institutionnels vendent ce qu'ils peuvent liquider facilement… et avec profit.
L'or, qui avait réalisé une performance exceptionnelle en 2025 (plus de 60 % de hausse, 53 records historiques), a servi de « réservoir de cash » pour éponger les pertes enregistrées ailleurs. Paradoxalement, c'est sa force passée qui l'a fragilisé.
4. Le phénomène « Sell the News »
Les marchés avaient largement anticipé les tensions avec l'Iran des mois à l'avance. Une partie de la hausse de l'or était déjà consommée avant le premier coup de feu. Une fois le conflit devenu réalité, une vague de prises de bénéfices a suivi, illustrant l'adage bien connu : « Achetez la rumeur, vendez la nouvelle. »
L'analyse de votre conseiller
Cette baisse n'est pas un désaveu de l'or. C'est une respiration technique liée à un contexte monétaire particulier : dollar fort, taux élevés, liquidations en cascade.
À court terme, l'or se comporte davantage comme un actif dépendant des conditions de liquidité et des taux réels que comme le bouclier géopolitique qu'on lui prête. Mais dans une optique de long terme, dans un monde multipolaire et instable, il conserve toute sa place comme socle de sécurité dans une allocation patrimoniale bien construite.
Un doute sur votre exposition à l'or ou aux actifs réels ? C'est exactement le bon moment pour en parler ensemble.